6.3 - La fausse expertise.

 


°°° §§§ °°°


Le rapport, cote D 272, a été établi par un expert en biologie, à la demande d'un juge qui réclamait à un spécialiste de rechercher des traces de sang. Ce dernier aurait trouvé des traces infimes sous un joint qu'il a démonté, dans des anfractuosités minuscules et malgré cette recherche méticuleuse et faite à l'aide des moyens les plus modernes, il ne découvre rien sur la roue de secours, pas la plus petite trace de sang car l'expert est muet à ce sujet.

Le rapport, cote D 422, est fait tout aussi méticuleusement par un ingénieur des Arts et Métiers à qui il est demandé de faire toutes constatations utiles à la manifes tation de la vérité et qui découvre des traces brunâtres suspectes sous le caoutchouc du tour de malle. Mais il décrit très exactement la roue de secours, indique qu'elle n'a jamais servi, qu'elle porte encore les traces de peinture de fabrication et les canaux de moulage. Il fait aussi des photos de la roue et décèle une fine entaille. Cet expert n'a pas non plus décelé de trace de sang sur la roue de secours malgré une recherche très poussée .

Une troisième expertise est demandée un an plus tard, cette fois au laboratoire de police scientifique, et le rapport, cote D 546, indique, page 4, chapitre III, qu'il y a des coulures brunâtres dans les sillons de la bande de roulement et sur le flanc du pneu. Ces coulures sont visibles à l'oeil nu et suffisamment importantes pour être détachées au scalpel. Le rapport présente les photos de la roue de secours comme l'expert précédent, qui lui, n'a pas vu les traces de sang, car elles n'y étaient pas au moment où il a fait son expertise. Ce rapport a enfin rejoint le dossier au bout de . . . . 16 mois.

Les deux premiers experts, qui ont fait un travail minutieux et parfait n'ont pas trouvé de sang sur la roue de secours . . . parce qu'il n'y en avait pas !

Le troisième expert y a trouvé du sang très facilement parce qu'il y en avait en quantité suffisante pour être vu à l'oeil nu et être détaché au scalpel.

Aucun des experts n'a décelé la plus petite trace de produits détergents, solvants ou alcalins qui auraient servi à nettoyer le véhicule alors que les juges, procureurs de la République et le procureur général, lui par quatre fois, ont affirmé que le véhicule avait été méticuleusement nettoyé pour en faire disparaître toute tache de sang.

Le sang a été " mis " sur la roue de secours entre la deuxième et la troisième expertise. Il n'est pas possible de mettre en doute ni la qualification des experts, ni leur probité. Le véhicule a été sorti des scellés en 12.98 ou 01.99 pour des essais sur route, voir D 511.

Qui a pu mettre du sang sur la roue de secours ? Quelqu'un qui a en même temps accès aux diverses pièces sous scellés : sang prélevé antérieurement et véhicule !

Comment le juge d'instruction a-t-il eu l'idée de faire une troisième expertise, et uniquement sur la roue de secours, après deux expertises qui n'y décelaient rien.

Le juge savait qu'on allait trouver du sang sur la roue et pas ailleurs! ! ! Comment le savait-il ? Rien ne pouvait lui permettre de supposer la présence du sang et le seul vu des deux expertises qu'il avait en mains de ses prédécesseurs était largement suffisant. Il lui faudra s'expliquer sur son initiative.

Le juge voudra bien faire toute la lumière, par tout moyen nécessaire, pour déterminer comment le sang est apparu après plus d'un an, voir seize mois, pour découvrir qui a pu mettre le sang, et faire savoir aussi comment lui-même a été prévenu qu'il y avait du sang en quantité importante sur la roue de secours. Le juge devra aussi dire s'il y a ou non des traces de détergents.

°°° §§§ °°°