Rapports
d'expertise annulés.
Le
juge a demandé au cours de son instruction, 7 rapports d'expert.
Les 7 rapports ont tous subi des retards importants et parfois très
importants.
Rapport demandé le 03.02.98, D 271 pour le 01.04.98 l'a été
le 16.04.98, D 272, ...retard. 15 jours Rapport demandé le 06.05.98,
D 421 pour le 15.06.98 l'a été le 29.06.98, D 422,...
retard. 14 jours Rapport demandé le 10.12.98, D 545 pour le 15.02.99
l'a été le 31.05.99, D 546,.. retard 105 jours Rapport
demandé le 16.03.98, D 278 pour le 15.04.98 l'a été
le 05.05.98, D 279,... retard. 20 jours Rapport demandé le 01.07.98,
D 513 pour le 30.09.98 l'a été le 13.01.99, D 513,.. retard
105 jours
Rapport demandé le 03.02.98, D 523 pour le 01.04.98 l'a été
le 01.02.99, D 524,.. retard 306 jours
Rapport demandé le 21.01.98, D 425 pour le 15.02.98 l'a été
le 27.07.98, D 425,.. retard 162 jours
....................................................................................................................................Total.......727
jours
Différentes
ordonnances de refus de liberté du juge et arrêts de confirmation
de la chambre d'accusation sont repris ci-dessous:
Pièce C 11, de 05.98, ord. du juge, page 2, dernier att. investigations
en cours sur le véhicule.
Pièce C 17, de 06.98, arrêt CA, page 4, 6° alinéa,
investigations encore à effectuer.
Pièce C 29, de 09.98, ord. du juge, 1er attendu, investigations
sur personnalité.
Pièce C 23, de 10.98, arrêt CA, page 4, 7° alinéa,
actes encore à effectuer.
Pièce C 31, de 12.98, ord. du juge, 1er att. investigations techniques
en cours .( 3° exp. auto)
Pièce C 35, de 01.99, arrêt CA, page 4, 7° alinéa,
actes d'instruction toujours à effectuer.
Pièce C 39, de 01.99, ord. du juge, page 3, investigations outre
expertises tech. en cours.
Pièce C 42, de 01.99, arrêt CA, page 4, 6° alinéa,
expertise du pneu ( 4° expertise de l'auto).
Pièce C 44, de 04.99, ord. du juge, avant dernier paragraphe:
il est impératif pour la poursuite des
investigations que Louis Gaiffe soit maintenu à la disposition
de la justice.
Treize mois après le début de la détention provisoire,
Gaiffe Louis est toujours maintenu en détention avec le motif
que des expertises techniques sont toujours en cours: ordonnance du
juge en C 39, confirmée par la chambre d'accusation en C 42.
Il est aussi fort étrange de voir que tous les arrêts de
la CA se terminent par : "La multiplicité et la complexité
des investigations font que la détention n'a pas dépassé
un délai raisonnable".
Ne serait-ce pas plutôt les " 727 " jours de retard
dans le retour des expertises qui sont la cause de la multiplicité
et de la complexité ? Ne serait ce pas la négligence du
juge qui a laissé jusqu'à 10 mois de retard dans les expertises?
Pourquoi ne les réclame-t-il pas ces expertises? Pour faire traîner
l'affaire, durer la détention !
Ne serait-ce pas les 4 expertises successives de l'auto, dont les résultats
sont d'ailleurs très bizarrement contraires entre eux, qui sont
la cause de la longueur de la détention provisoire?
Dans le 2° alinéa de la page 10 de son arrêt, la chambre
d'accusation voudrait, en indiquant: "plusieurs très limités
" masquer le retard de 3 mois et demi pour 2 rapports, 5 mois et
demi pour 1 rapport et 10 mois pour 1 rapport. Les retards dans l'établissement
des rapports sont autant de retard dans la manifestation de la vérité,
ce qui porte un grief certain à la personne. Or le juge n'a réclamé
qu'un seul rapport, alors que 4 étaient en retard de plusieurs
mois.
Le rapport en retard de 10 mois consistait en une opération très
simple: déterminer la consistance et la nature de boues et terres.
Cette analyse se fait en . . . quelques heures. On voit par la première
réclamation faite par le juge 10 mois après la commission
de l'expert, la négligence de ce magistrat ou sa volonté
de faire perdurer les expertises. Au lieu de prendre,
contre l'expert, les sanctions prévues par le code de procédure
pénale, il lui accorde un délai pour lequel il n'apparaît
au bout d'un an, aucune explication dans la procédure.
Quant au 7° alinéa de la page 10 de l'arrêt, la cour
voudra remarquer que Gaiffe Louis n'a jamais varié d'un iota
ses déclarations.
Au
7° alinéa de la page 12, il est très curieusement
indiqué que ce serait les explications données par les
mis en examen qui auraient mis en retard les travaux des experts. Dans
un arrêt de chambre d'accusation, quelle énormité
!
La
chambre d'accusation admet dans son attendu de la page10, au 2°
alinéa, que l'expert a bien examiné un véhicule
immatriculé " ZP ", dénommé ZP tout au
long de son expertise. Le véhicule concerné par la procédure
en cours est immatriculé " ZF ". La chambre reconnaît
que l'expert a examiné un véhicule qui ne concerne pas
l'instruction, elle a une deuxième raison d'annuler ce rapport.
Il est très curieux qu'en affirmant l'erreur, elle veuille conserver
le rapport. Il semblerait que les président, procureur, et conseillers
n'apportent pas une grande attention à un dossier pourtant classé
criminel.
C'est bien au motif que les rapports d'expertise n'étaient pas
déposés que les demandes de liberté ont été
refusées, ce qui a porté un grief extrêmement important
à Gaiffe Louis.
Si dans une même instruction un dépassement de délais
peut être toléré s'il ne cause pas grief, un dépassement
systématique des délais dans des proportions exorbitantes,
atteignant 3, 5 et même 10 mois, cause en lui même grief
à la personne et nonobstant le grief, il est une cause de nullité
des actes par le retard apporté à la manifestation de
la vérité. Par là il est cause de nullité
totale de la procédure.