7.15 - Sang sur la roue de secours.

Louis Gaiffe
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Sang sur la roue de secours.

Quand il y a subterfuge, machination, artifice par les OPJ ou les juges, on tombe sur l'arrêt de cassation criminelle du 27.02.96, bulletin N° 93, lequel annule toute la procédure.

Le rapport, cote D 272 a été établi suivant une mission du juge qui réclamait à un expert en biologie de rechercher des traces de sang. Ce dernier aurait trouvé des traces infimes sous un joint qu'il a démonté, dans des anfractuosités minuscules et malgré cette recherche méticuleuse et faite à l'aide des moyens les plus modernes, il ne découvre rien sur la roue de secours, pas la plus petite trace de sang.

Le rapport, cote D 422, est fait tout aussi méticuleusement par un expert, ingénieur des arts et métiers, à qui il est demandé de faire toutes constatations utiles à la manifestation de la vérité, qui lui aussi découvre les mêmes traces infimes sous le caoutchouc de tour de malle. De plus, il décrit très exactement la roue de secours, indique qu'elle n'a jamais servi, qu'elle porte encore les traces de peinture de fabrication et les canaux de moulage.Il fait aussi des photos et décèle une fine entaille.Cet expert n'a pas non plus décelé de trace de sang sur la roue de secours.

Le rapport cote D 546 qui a été établi un an plus tard par le laboratoire scientifique de la police judiciaire, à qui il avait été demandé d'expertiser uniquement la roue de secours et d'y rechercher des traces de sang, indique, page 4, chapitre III, qu'il y a des coulures brunâtres dans les sillons de la bande de roulement et sur le flanc du pneu.Ces coulures sont visibles à l'oeil nu et assez importantes pour être détachées au scalpel.

Les deux premiers experts qui ont fait un travail minutieux, n'ont pas trouvé de sang sur la roue de secours parce qu'il n'y en avait pas.

Le troisième expert y a trouvé du sang très facilement parce qu'il y en avait et en quantité suffisante pour être vu à l'oeil nu et être détaché au scalpel.

Le sang a été " mis " sur la roue de secours entre la deuxième et la troisième expertise. Il n'est pas possible de mettre en doute ni la qualification des experts, ni leur probité. Le véhicule a été sorti des scellés en 12.98 ou 01.99 pour une expertise des freins. D 511.

Qui a pu mettre du sang sur la roue de secours? Quelqu'un qui a en même temps accès aux différentes pièces sous scellés. Seuls les OPJ avec l'accord du juge y ont accès.

Comment le juge d'instruction a-t-il eu l'idée de faire une troisième expertise, et sur la roue de secours seulement, après deux expertises qui ne révélaient pas de sang.

Le juge savait qu'on allait en trouver. Comment le savait-il ? Rien ne pouvait lui permettre de supposer la présence du sang et le seul vu des deux expertises qu'il avait en mains de ses prédécesseurs était largement suffisant.

Le juge a demandé l'expertise de la roue parce qu'il savait qu'on allait trouver du sang. Comment le savait-il ? Il lui faudra l'expliquer.

Il y a eu 3 expertises très poussées, dont une très fine faite avec des moyens biologiques, et aucune des trois n'a décelé la moindre trace de produit détergent, solvant ou alcalin. Avec quoi la voiture aurait-elle été nettoyée puisque Redonnet et Bellemer affirment et répètent sans cesse dans leurs ordonnances, que quelqu'un a nettoyé la voiture. Il est impossible de faire disparaître de telles traces sur une moquette, dans des joints fixes en caoutchouc ou dans des interstices et anfractuosités d'éléments métalliques sans utiliser des produits nettoyants.

Il serait très intéressant de connaître l'orientation des coulures de sang sur le flanc du pneu ! Allaient-elles de la bande de roulement vers le centre de la roue ? Dans un coffre, une roue de secours est couchée dans son habitacle, et pour qu'un liquide laisse des coulure, il faut que la roue soit debout ! Il serait bien étonnant aussi, qu'il n'y ait pas de sang au fond du logement de la roue de secours quand il y aurait eu des coulures sur le flanc.

C'est une expertise trafiquée dans tous les sens par les services de police judiciaire. Une telle machination, comme le réclame l'arrêt de cassation du 27.02.96, amène l'annulation de toute la procédure.

 

L. Gaiffe.